Questions métaphysiques : pourquoi la fac ? que faire après ma licence ? qui sont mes profs ? etc

Contrairement aux préjugés qui ont la peau dure : l'université a beaucoup changé tant sur le fond que sur la forme. L'université de Lille est dotée d'un observatoire de l'insertion professionnelle (OFIP), totalement indépendant. Nous avons le recul sur plus de 20 ans : devenir des étudiants, emploi (salaire, statut...). Outre cet aspect d'insertion, l'OFIP demande aussi aux étudiants d'évaluer eux-mêmes leur formation en cours, puis peu après leur insertion.

Compétences et insertion

Les diplômes et leurs contenus disciplinaires, les transversalités (droit, marketing, hygiène et sécurité....), et des stages sont désormais inclus dans la formation dès la Licence. Les maquettes de formation sont examinées par des experts internationaux, jugées sur le fond et la forme, et validées ensuite par nos tutelles (ministère, CNRS, INSERM, INRA....) tous les 5 ans sur la base de leur pertinence vis à vis du bassin d'emploi, et de la qualité des recherches menées dans les laboratoires. Effectivement, nous ne visons pas un % de réussite, mais les savoirs, savoir-faire, compétences expérimentales acquises réellement par le jeune, ce qui garantit un bon taux d'insertion professionnelle à l'issue du Master (92% en Sciences de la Vie, 4,4 mois pour trouver le premier emploi). Avec des représentants du MEDEF et des entreprises locales dans les conseils d'administration, nous sommes donc plus près de l'entreprise que vous pourriez le penser (sans compter le financement privé, ou mixte, de nos projets de recherche). Ceci se caractérise donc globalement par des % d'insertion post Master scientifiques, de même niveau que ceux des écoles d'ingénieurs. Voir ici l'enquête de l'OFIP sur le devenir des titulaires d'un Master de Lille1, OFIP Pub 123 et OFIP Pub 110 (après 5 ans).

Accompagnement des étudiants

L'université de Lille1, et sa Licence mention Sciences de la Vie, est classée A+ par le HCERES (agence d'évaluation). Ce n'est pas tant sur le % de réussite (33-40% en L1), mais sur les dispositifs d'accompagnement mis en place (enseignant-référent, tutorat disciplinaire, parcours aménagé pour les bacheliers technologiques, préparation à la recherche d'emploi, stage, orientation et projet personnel professionnel...). De ce fait, l'étudiant est suivi. Mais étant majeur, s'il ne veut pas venir en séance, il en a le droit. Accompagner ne veut ni dire materner, ni surveiller sa présence ou la qualité de son travail personnel. C'est l'apprentissage de l'autonomie et des responsabilités d'adulte...qui ne sied pas à toutes les personnalités. L'université est donc un établissement adéquat pour des étudiants autonomes, plutôt matures et responsables (ou en passe de le devenir). Attention, l'assiduité à toutes les séances est vérifiée pour les Bilingues, et pour toutes les formations du campus, elle sera vérifiée pour les boursiers. En cas de manquement majeur, l'exclusion du parcours Bilingue peut être prononcée, et le cas échéant, la bourse devra être remboursée.

Modalités d'évaluation

Le contrôle continu est plus "continu" que prévu par les bacheliers qui arrivent en L1. Avec des journées longues (8h-17h50), les DS le samedi (jusque 13h parfois), des évaluations régulières en TD et surtout en TP quasi toutes les semaines, deux DS de cours en L1 (un seul final en L2-L3), cela fait des semaines de 28-33h de présentiel, et "la tête dans le guidon" comme nous le disent certains (Voir l'enquête: Les premières semaines du S1, OFIP Pub 100). La régularité hebdomadaire dans l'apprentissage est donc une des clés de la réussite en fin d'année. Le travail personnel est donc à ajouter au temps de transport, voire au petit boulot cumulé. Voir l'enquête de l'OFIP sur le travail fourni par les étudiants à Lille 1 (OFIP Pub 103).

Disponibilité des enseignants

Les enseignants-chercheurs sont aussi plus disponibles que vous ne le pensez, à condition que le jeune les sollicite. Les questions, même en cours en amphi, sont autorisées voire même encouragées. Les échanges de courriels sont aussi possible en cas de question (avec le style de rédaction et l'orthographe qui vont avec, bien sûr). Par ailleurs, il existe des forums dans la plupart des Cours Moodle (plateforme numérique).

Effectifs

Les amphis en Sciences de la Vie à Lille1 sont limités délibéremment à 160-190 étudiants inscrits pour une capacité de 250-300 places. Chacun aura un siège et un enseignant physiquement présent dans chaque amphi (pas de recopie vidéo dans des amphis en parallèle). Les cours occupent environ 50% du planning. 

Les autres 50% du temps sont sous le format "groupe-classe" en TD-TP (max 35 étudiants). L'évaporation des effectifs observée entre les deux semestres (surtout en L1, plus rare en L2-L3), fait que certains TD ou TP se feront à moins de 32 étudiants en salle (et pour 2 enseignants, en TP !). Donc, les effectifs qui se stabilisent en TD-TP, sont souvent inférieurs à ceux habituellement observés en classe de Terminale. Voir le tableau de bord 2017 de Lille 1 (origine géographique, socio-économique, effectifs par diplômes....).

Taux de réussite

Pour des questions de défaut d'orientation, de manque de motivation, de compétences insuffisantes....tous les jeunes ne sont pas censés arriver en Master (Bac+5). Notre objectif est surtout d'assuerer leur insertion professionnelle en fin de Master, et le maintenir à niveau (>90%) par l'exigence des résultats, en est la clé.

Une sélection s'opère donc progressivement, à chaque semestre. Non pas qu'il y ait un concours ou un quota de places au semestre suivant, mais les évaluations mises en places doivent garantir cette insertion ultérieure et la maîtrise des savoirs et savoir-faire du jeune dans le monde professionnel. Réussir sa Licence 1 est donc compliqué si ce choix a été fait par défaut sur ParcourSup (on renonce à un projet faute d'être sélectionné-e en études courtes comme les DUT, les BTS), pour de mauvaises raisons (ils seront obligés de me prendre de droit). L'engagement et l'implication en Licence s'en retrouvent donc fragilisés. Si le jeune ne dispose que d'acquis scolaires partiels (sur la base des bulletins trimestriels, pas sur celle des notes au Bac !), cela peut aboutir à un abandon du cursus. Voir l'enquête de l'OFIP, L'orientation et la pré-rentrée en L1 OFIP Pub 99. Pour le parcours Bilingue, vous trouverez ces indications, année par année, dans la rubrique Insertion/Réussite.

 

Si le parcours de formation a été judicieusement construit en Licence, grâce aux jeux d'options et d'éventuels suppléments au diplôme, l'étudiant peut être admis en Master. Courant Février-Mars de sa L3, il devra ouvrir un compte et postuler sur l'interface nationale du portail des Masters.

La notion de Master dit "de droit" après une Licence réalisée en local, n'existe plus.

Si un/e étudiant/e ne se voit offrir aucune place parmi les voeux formulés:

  • c'est qu'il/elle a mal ciblé les Masters compte tenu des compatiblités demandées, voire des savoirs disciplinaires, savoir-faire requis (anciennement appelés: les pré-requis). Certains Masters très demandés seront donc, de fait, hautement sélectifs.
  • c'est que le dossier académique est faible comparativement aux autres candidats, éventuellement de sa propre promotion locale,
  • il/elle pourra faire appel au recteur de son académie de diplomation (dans laquelle il/elle a reçu son diplôme de Licence). Ce dernier, en fonction de la compatibilité, et des places vacantes, pourra alors lui proposer une place dans un Master de l'Académie, dans la mesure où il en reste. Cela ne préjuge ni de la mention préférée, ni de la ville universitaire envisagée dans les voeux. Encore faut-il qu'il y ait des places vacantes. Les candidats malheureux peuvent éventuellement contacter les directeurs des études après la date de pré rentrée du Master. Le DE aura alors une connaissance réelle des effectifs présents. Pour autant, parmi les dossiers issus de "recours", le DE peut choisir le-s candidat-s qui aura le plus de chance de valider son année de M1. 

Les Masters de l'Université de Lille sont les suivants:

Toutes les informations sont disponibles sur la page des formations ULille.      

Masters double compétences possibles à Lille :

Pour les promotions Bilingues, spécifiquement, voir la rubrique  Insertion/Réussite.

Tout comme les représentants de nos instances françaises, diplômées de grandes écoles, ne sont pas capables de vous assurer un emploi, nous non plus. Tout dépend du jeune, de son CV, de ses suppléments au diplôme, de sa mobilité (nationale, internationale) et de la maîtrise de différentes langues (dont l'anglais à minima) et langages (TICE, bureautique). Le fait de s'y préparer en amont aide aussi: label recherche, label international, label engagement associatif et surtout, nombreux stages ou expériences professionnelles.

Les différents métiers que NE PEUVENT PAS FAIRE les diplômés de Sciences de la Vie option bilingue :

  • médecin (--> PASS ou LAS)
  • vétérinaire (--> prépa spécifique)
  • professeur des écoles ou du secondaire (--> filière SV non bilingue ou SVT (ou autres) pour prof des écoles; SVT pour prof du secondaire; suivi par master MEEF)

Les différents métiers que FONT les diplômés de Biologie de Lille, sont:

  • Animateurs sécurité qualité hygiène (Bac+3 à Bac+5)
  • Analyste (extraction des composés chimiques toxiques d’échantillons de sols, eaux et airs) (Bac+5)
  • Attachés de recherche clinique (Bac+5 minimum)
  • Assistant ingénieur (recherche contre le cancer gliome pédiatrique) (Bac+5)
  • Chargés d'études scientifiques environnementales, Bio-surveillance végétales, Qualité de l'air, Bureaux d'études (Bac+5 minimum)
  • Chef de projet analytique (Bac+5 minimum)
  • Chercheurs en laboratoire public ou privé (Bac+8, et contrats post doctoraux à l'international, puis concours ou poste)
  • Enseignant-Chercheurs (Bac+8, et contrats post doctoraux à l'international, puis concours)
  • Ingénieur d'études en laboratoire public ou privé (Bac+5)
  • Ingénieur d'études (spectrométrie de masse en protéomique) (Bac+5)
  • Ingénieur d'études pour la plateforme de génomique (Bac+5)
  • Ingénieur de recherche en laboratoire public ou privé (Bac+8)
  • Ingénieur en toxicologie, Ecologue (Bac+5)
  • Ingénieur d'appui aux politiques de l'eau (Bac+5)
  • Sales coordinator Oat Ingredients (Bac+5)
  • Technico commercial double compétence (Bac+5 à Bac+8)
  • Inspecteur sanitaire (Bac+5)
  • Journalistes et scientifiques (Bac+5)
  • Responsable développement produits nouveaux, secteur agro alimentaire (Bac+5)
  • Responsable de développement commercial (Bac+5)
  • Responsable qualité, markéting, secteur agro alimentaire (Bac+5)
  • Responsable essais sécurité produits plastique et composite (Bac+5)
  • Responsable de production en aquaculture (Bac+5)
  • Techniciens analyses biochimiques (Bac+3)

Les différents secteurs d'activité des diplômés de SV-Lille1 sont:

  • Industries Agro-alimentaires, Pharmaceutiques, Cosmétiques, Biotechnologies (animales, végétales, microbiennes, enzymatique)
  • Recherche et Environnement (Biodiversité, Conservation, Remédiation sols pollués, Gestion écosystème marins)
  • Recherche fondamentale et appliquées (un peu en France en laboratoire public ou privé ou dans des instituts comme le CNRS-INRA-INSERM-IFREMER-CIRAD-IRD...., mais les docteurs es sciences français travaillent surtout à l'international)
  • Faune et Flore, Parcs naturels, Bureaux d'études d'impact environnemental (approches biologiques, floristiques, zoologiques, écotoxicologie)
  • Police Scientifique (Bac+5 à +8 pour les candidats)
  • Enseignement Supérieur Universitaire (un peu en France, mais surtout à l'international)

 

C'est toujours la grande inquiétude des étudiants, et des parents. Pour éviter de rester bloqués sur des préjugés, voici des chiffres et des critères objectifs.

Quelques chiffres clés pour les diplômés de Lille1 (à comparer avec les autres formations, ou écoles d'ingénieurs): 

- Taux d'insertion professionnelle:

  • 89% à deux ans après une licence professionnelle (Bac+3 Prof) puis 94% 5 ans après le diplôme
  • 88% à deux ans après un Master (Bac+5 recherche ou professionnel) puis 100%, 5 ans après le diplôme, à noter: après leur diplôme, 17% des Masters continuent leurs études en Doctorat

- Taux de chômage des 15-29 ans:

Dans la région Nord-Pas de Calais: 20% (contre 12,7% national), et pour les jeunes diplômés de la région: moins de 10%

- Part de cadre/technicien :

  • Licence Professionnelle dans le domaine de la Biologie: 2% cadre, 89% profession intermédiaire
  • Master  dans le domaine de la Biologie: 50% cadre (attention, les femmes sont majoritaires....et sont souvent discriminées jusqu'à 140 euros/mois de moins que les Hommes)
  • Doctorat: 99% de cadre

- Part d'emploi stable (= CDI, qui est une exception française): 

  • Licence Professionnelle dans le domaine de la Biologie: 70%
  • Master  dans le domaine de la Biologie: 62% après deux ans
  • Doctorat: 54% (attention, un docteur es sciences part à l'étranger en contrats post doctoraux, donc en CDD-missions).

N.B.: à très haut niveau, les Docteurs es sciences sont souvent/restent à l'étranger où les CDI n'existent pas (du moins, pas avant 45 ans !). Pour les niveaux Masters (ingénieurs d'études, ingénieur de recherche), il s'agit là encore de CDD à l'étranger. Bien évidemment, les salaires ne sont pas les mêmes. 

- Durée pour trouver le premier emploi :

  • Licence Professionnelle dans le domaine de la Biologie: 3 mois 
  • Master  dans le domaine de la Biologie: 4,4 mois (+2 mois depuis la crise de 2008)
  • Doctorat: peu de diplômés par an comparativement aux L et M. Souvent en Post doctorat pendant au moins 4-6 ans avant de revenir en France (ou pas). Le premier contrat post-doctoral est généralement trouvé peu avant, ou au moment de la soutenance de thèse de 3è cycle. La soutenance d'un doctorat a lieu aux alentours des 25-27 ans.

- Salaire médian net avec primes :

Attention: il est souvent difficile de savoir si les salaires annuels affichés sont brut, net, avec ou sans prime, moyen ou médian. Méfiance si aucune indication ne vous est donnée. 

Ici, ne sont donnés que les Salaires médians nets avec primes

  • Licence Professionnelle dans le domaine de la Biologie: 1408 euros net/mois
  • Master  dans le domaine de la Biologie: 1700 euros net/mois (+350/400 euros depuis un an). Attention, des disparités existent entre les secteurs de Masters.
  • Homme/Femme: 140 euros en moyenne en faveur des Hommes, peut aller jusqu'à 200 euros/mois
  • Région/Paris: +500 euros net/mois pour Ile de France et Paris (mais le logement est plus cher !)
  • Doctorat: 2200-2380 euros net/mois selon les secteurs, en France.

Toutes ces informations sont disponibles et vérifiables sur le site de l'observatoire de la formation et de l'insertion professionnelle, OFIP. Ceci est un observatoire indépendant chargé d'étudier l'adéquation des diplômés avec le bassin d'emploi, sur la base de ces critères objectifs.

Le Doctorat, ici es sciences, ou dit de 3ème cycle, est le plus haut grade universitaire (= phD philosophical dissertation à l'international). Il est délivré par les universités ou établissements supérieurs habilités, et se déroule après 3-4 ans de recherches en laboratoires adossé à une école doctorale (intégrée après le grade de Master, sur concours et en fonction du classement au Master). Ce diplôme sanctionne une formation "par et pour la Recherche et l'Innovation" et la réalisation de travaux de recherche individuels, souvent valorisés en équipe par des publications internationales. En Sciences de la Vie,  le doctorant est donc en CDD pour 3 ans.

Le jeune doctorant est rémunéré (environ 1684 euros brut/mois, et si statut de Doctorant-Assistant, 2024 euros brut/mois avec jusqu'à 64h d'enseignement à réaliser):

  • par une bourse au mérite, issue du Ministère de la Recherche
  • grâce aux financements des projets de recherche décrochés par son équipe d'accueil.
  • par une demi bourse Région, complétée par une demi Bourse dite du Président (de l'Université)
  • par une bourse de type CIFRE (Convention Industrielle de Formation par la REcherche). Voir leur site Web le site web CIFRE, et leur plaquette d'informations.

Le doctorant effectue des recherches à temps plein, sous la direction d'un-e directeur de thèse, dans un laboratoire adossé à une école doctorale. Il peut être amené à suivre des unités d'enseignement professionnel (CV, emploi, création de start up, droit, logiciels, ...) voire même, à enseigner à l'université (en travaux pratiques, en travaux dirigés) s'il a un poste de Doctorant-Assistant. Au bout de 3 ans (exceptionnellement, 4), si le doctorant a cumulé suffisamment de résultats qu'il a valorisés par, au moins, une publication internationale en 1er auteur (et des participations à des colloques ou congrès), alors le directeur de thèse constitue un jury (experts internationaux, et nationaux) qu'il présente au président de l'université. Si ce jury est validé, le doctorant peut rédiger un mémoire de thèse, et prépare aussi une soutenance orale (40-45 minutes). Cette soutenance sera suivie d'un questionnement par les membres du jury. Ces derniers délivreront alors le titre de Docteur es Sciences, spécialité X, de l'Université de Y.

En France, et contrairement aux autres pays européens, il y a peu de Docteurs es sciences recrutés en entreprises comparativement à la proportion d'Ingénieurs. Ceci est dû à l'existence en France d'un double système de formation, et donc à l'existence de telles écoles d'ingénieurs. On notera que les ingénieurs (Bac+5) peuvent aussi intégrer certains laboratoires de recherche et développement, afin de soutenir un doctorat de 3è cycle (Bac+8) et devenir Docteur-Ingénieur.

L'enseignant-chercheur universitaire, ou le chercheur, peut aussi être amené à soutenir un tout dernier diplôme appelé Habilitation à Diriger les Recherches (HDR) s'il/elle souhaite diriger une équipe de recherches ou postuler au grade de Professeur des Universités ou encadrer des doctorants.

Part de cadre/technicien :

Doctorat: 99% de cadre

Part d'emploi stable (= CDI, qui est une exception française): 

Doctorat: 54% (attention, un docteur es sciences part à l'étranger en contrats post doctoraux, donc en CDD-missions).

N.B.: à très haut niveau, les Docteurs es sciences sont souvent/restent à l'étranger où les CDI n'existent pas (du moins, pas avant 45 ans !). Pour les niveaux Masters (ingénieurs d'études, ingénieur de recherche), il s'agit là encore de CDD à l'étranger. Bien évidemment, les salaires ne sont pas les mêmes. 

Durée pour trouver le premier emploi :

Doctorat: peu de diplômés par an comparativement aux L et M. Souvent en Post doctorat pendant au moins 4-6 ans avant de revenir en France (ou pas). Le premier contrat post-doctoral est généralement trouvé peu avant, ou au moment de la soutenance de thèse de 3è cycle. La soutenance d'un doctorat a lieu aux alentours des 26-28 ans.

Le recrutement sur concours d'un Docteur es sciences, au grade de Maître de conférences (= Enseignant-Chercheur) à l'université publique française, se fait en moyenne, et selon les sections disciplinaires (Physiologie, Biologie Celllulaire, Génétique, Ecologie, Biochimie .....), aux alentours des 30-34 ans. Idem pour les concours de recrutement de Chercheurs dans les instituts.

Salaire médian net avec primes :

Doctorat: 2200-2380 euros net/mois selon les secteurs, en France. Le salaire est nettement meilleur à l'international (le double, au moins) et progresse plus vite selon l'ancienneté, donc l'expertise.

Le salaire d'Enseignant-Chercheur à l'université publique française est d'environ 2300 euros net/mois pour un débutant (de 30-33 ans; grimpe rapidement jusqu'à proche de 3000 €, en général vers 40-45 ans).

Il y a plusieurs grades et contrats permettant à des scientifiques d'enseigner dans un établissement supérieur public français (quelle que soit leur nationalité):

  • Docteur-Assistant: ce sont généralement les plus jeunes enseignants que vous aurez, surtout en Travaux Pratiques, et quelquefois en Travaux Dirigés. Ce sont des doctorants de 1ère ou 2ème année. Ils enseignent jusqu'à 64h par an. Le reste du temps est dédié à la Recherche.
  • Attaché Temporaire d'Enseignement et de Recherche (ATER): ce sont des post-doctorants en CDD (1 an, à plein temps ou mi-temps). Un poste à temps plein pour équivaut à 192h eqTD (soit 6-7h d'enseignement/semaine), le reste du temps étant consacré à la Recherche.
  • Maître de Conférences (MCF): il s'agit de fonctionnaires de l'état. Pour devenir MCF, il faut d'abord faire un concours sur dossier pour être qualifié-e aux fonctions de MCF. Pour cela, le candidat constitue un dossier scientifique qui sera examiné par deux rapporteurs dans une Commission Nationale des Universités relevant de sa discipline de spécialité (CNU). Cette qualification est donnée pour 5 ans. Durant ces 5 années, la personne peut candidater aux postes de MCF qui seront ouverts, ou pas, dans sa discipline (= section CNU). Il y a très peu de postes ouverts par an (0 à 5-6). Un poste à temps plein équivaut à 192h eqTD/an (soit 6-7h d'enseignement/semaine), le reste du temps étant consacré à la Recherche et à sa valorisation (publication). Les MCF participent à la recherche de financement (rédaction de projets suite à des appels d'offres de financeurs), sont responsables d'unité d'enseignement (planning, gestion des équipes, programmes, examens, collecte des notes), voire même, sont directeur/trice des études d'un parcours de formation. Ils ont moult tâches administratives. A titre d'exemple, la rédactrice de ce site web est MCF et directrice des études, et profite d'un dimanche soir de la période de confinement de 2020 pour remplir cette réponse [vu qu'une très grosse moitié du temps est prise par mon enseignement, l'autre par ma recherche; il me reste le weekend pour apprendre à devenir webmaster, une prétention que je n'ai jamais eue!, ou écrire des lettres de recommandation :-) ]
  • Professeur des Universités (PU): il s'agit de fonctionnaires de l'état. Pour cela, il faut d'abord faire un concours sur dossier pour être qualifié-e aux fonctions de PU. Pour cela, le candidat constitue un dossier scientifique qui sera examiné par deux rapporteurs dans une Commission Nationale des Universités relevant de sa discipline de spécialité (CNU). Cette qualification est donnée pour 5 ans. Durant ces 5 années, la personne peut candidater aux postes de PU qui seront ouverts, ou pas, dans sa discipline (= section CNU). Il y a très peu de postes ouverts par an (0 à 3-4). Généralement, le profil des candidats est celui-ci: une thèse de 3ème cycle, plusieurs dizaines de publications scientifiques à l'international, une Habilitation à Diriger les Recherches (HDR), 3-6 ans de contrats post doctoraux à l'étranger, bi ou trilingue, 10-20 ans en tant que MCF au  préalable, âge moyen de recrutement : 38-45 ans selon les sections CNU. Un poste à temps plein pour 12 mois vaut 192h eqTD (soit 6-7h d'enseignement/semaine), le reste du temps étant consacré à la Recherche et à sa valorisation (publication). Il/elle devra aussi participer à la recherche de financement (rédaction de projets suite à des appels d'offres de financeurs). Il/elle gère les comptes financiers et le volet ressources humaines de son équipe. Il/elle est responsable d'unité d'enseignement (planning, gestion des équipes, programmes, examens, collecte des notes), voire même, est directeur/trice des études d'un parcours de formation. 
  • Professeur Agrégé (PRAG): il s'agit de fonctionnaire de l'état, issu du Ministère de l'Education, et titulaire d'une Agrégation en Sciences de la Vie et de la Terre. Pour cela, il faut d'abord un dossier académique adéquat, et passer un concours si un poste est ouvert dans une université. Il s'agit souvent d'agrégés normaliens et expérimentés. Les PRAG sont peu nombreux (3 au département de Biologie, pour presque 100 MCF/Profs). Un poste à temps plein pour 12 mois vaut 384h eqTD (15-16 h/semaine), car il/elle ne fait pas de Recherche.
  • Vacataires: ce sont des personnels de renfort soumis à des conditions strictes pour être recruté-e-s (moins de 28 ans, 800h de travail chez un employeur principal). Nous préférons souvent faire appel à des collègues CAPETiens ou Agrégés en SVT, issus du secondaire (collège et lycée)...quand on en trouve.
  • Intervenants extérieurs: ce sont des professionnels, salariés ou chefs d'entreprise qui viennent faire une intervention professionnelle (conférence). Ils interviennent surtout en Master.

Devenir enseignant-chercheur à l'université publique française est un long...très long parcours du combattant.

  • Vous suivez un parcours de formation assez classique. Le plus typique est le suivant: Licence, Master profil Recherche, Doctorat. Bien entendu, la personne a satisfait aux différentes sélections à l'entrée du Master puis à l'entrée du Doctorat. Arriver au bout d'un LMD est donc long (8 ans minimum), et nécessite une bonne maîtrise des savoirs et savoir-faire scientifiques, tout cela soutendu par une communication (poster, colloques, conférences) et une valorisation des travaux sous la forme de publications internationales, en langue anglaise. Le fait d'avoir fait une PACES, un DUT-BTS, une classe préparatoire n'est pas déterminant à ce niveau. L'objectif est de faire un (très) bon Master, un (très) bon stage de Master (6 mois, à temps plein), une thèse dans un laboratoire de recherche expert dans un domaine, et une bonne soutenance orale/écrite (procès verbal se soutenance à mettre dans les dossiers de candidature). Une thèse se soutient en général vers 26-28 ans.
  • Vous devez ensuite faire vos preuves de jeune chercheur au travers plusieurs contrats post doctoraux (quelques mois à 3 ans par contrat-mission). Un contrat post-doctoral est financé par un projet de recherche d'un laboratoire. Vous avez donc une mission à réaliser (résoudre une problématique scientifique, produire des données). Ces résultats seront à valoriser au travers des posters, colloques, conférences et surtout par des publications internationales qui viendront étoffer votre CV. Bien évidemment, les contrats post doctoraux prisés sont souvent à l'étranger, et vous devrez donc parler anglais à minima. Habituellement, les contrats post doctoraux s'enchaînent sans problème à l'étranger. Il y a toujours des appels d'offre, mais il faut être très mobile (et embarquer conjoint et enfants !). Très souvent, on fait 3-6 ans de tels contrats avant d'envisager de rentrer en France...ou pas.
  • Si vous souhaitez rentrer en France, vous pouvez: i) devenir chercheur dans des instituts comme le CNRS, INSERM, INRA, IFREMER...., ii) trouver un poste d'ingénieur de Recherche dans une entreprise ou dans un laboratoire public universitaire,  iii) devenir enseignant-chercheur à l'université publique. Dans ce dernier cas, vous devez procéder à:
    •  une qualification aux fonctions (voir le site Galaxie), qui est un concours NATIONAL sur dossier. Cette qualification est valable 5 ans.
    • un concours au poste de Maître de Conférences ou MCF (voir FAQ, question précédente) au niveau LOCAL dans chaque université qui offre un poste. Après examen de votre dossier scientifique (et pédagogique, ...un peu) par deux ou trois rapporteurs, et si votre candidature est retenue, vous serez convoqué-e pour un oral. Lors de cet oral, vous présenterez votre parcours de formation, votre parcours de recherche (résultats et valorisation), et surtout, un projet de recherche dit d'intégration dans l'équipe demandeuse. Dans ce projet, vous proposerez une stratégie scientifique et technique pour résoudre une des problématiques du laboratoire d'accueil.
    • si vous êtes retenu-e, vous serez nommé-e par le Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, en tant que fonctionnaire stagiaire (1 ou 2 ans, suivant les antécédents). Puis vous serez titularisé au bout de cette période d'essai.
    • vous intégrez alors une grille indiciaire de MCF classe Normale, comportant des échelons ou chevrons, d'une durée variable. Il n'y a pas de différence de salaire entre les hommes et les femmes. Une prise en compte de vos antécédents (par exemple, le fait d'avoir été doctorant ou ATER, voir question précédente) peut vous faire gagner un peu de temps. Tout cela vous sera signifié par un "arrêté" signé du Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche.
    • ensuite, vous pouvez postuler à la fonction de MCF "hors Classe". Pour cela, vous devez avoir atteint l'échelon 7 de la classe Normale (vous avez 45 ans environ). Il y a deux voies: selon la qualité de vos travaux de recherche  (via votre section CNU disciplinaire, décision NATIONALE) ou de votre implication locale notamment en Enseignement (via une commission LOCALE de votre université). L'évolution de carrière est assez limitée et se base sur un avancement par ancienneté (dans une grille).
    • Vous pouvez soutenir un tout dernier diplôme appelé Habilitation à Diriger les Recherches ou HDR. Il vous permet d'encadrer des doctorants, d'être nommé-e Rapporteur de jury de thèse, d'être nommé-e comme expert dans des commissions ou expert pour valider des projets de demande de financement, ou encore, d'envisager de devenir Professeur(e) des Universités (voir FAQ, question précédente). Vous pouvez aussi tenter de passer MCF "hors classe". 

A ce jour, il n'y a pas de dossier pédagogique ou d'inspection pédagogique pendant les enseignements (comme cela se fait dans le primaire et le secondaire). Pour autant, vous serez régulièrement expertisé-e pour ce qui concerne la qualité et la valorisation de votre Recherche. Vous serez donc évalué-e à titre individuel (nombre de publication /contrat, le minimum attendu est 2 publications par contrat). Votre propre équipe de recherche, au sein de votre unité mixte de recherche ou UMR (regroupant plusieurs équipes) sera aussi évaluée. Ces évaluations en cascade, se déroulent tous les 4-5 ans (contrat quadri ou quinquennal) et sont menées par nos deux tutelles: le Ministère de l'enseignement supérieur (via des experts internationaux qui rendent un rapport, et via une agence d'évaluation indépendante HCERES), et les instituts de rattachement (CNRS, INSERM, INRA, INRIA, IFREMER....). L'établissement sera donc expertisé au titre de sa Recherche (toutes les UMR) et de ses Formations (qualité des diplômes, insertion des diplômés).